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FRANC CFA, SI RESTER EST UNE ABSURDITÉ, SORTIR EST UNE MENACE!

Politique
mai 15, 2019 Franc cfa.jpg

        Franc CFA : Si rester est une absurdité, sortir est une menace !

Mamadou Djibo Baanè-Badikiranè

Philosophe

Constat
Sur le Franc Cfa, le constat est que  toutes sortes de conjectures pleuvent au point où l’on court le danger de confondre cette monnaie avec sa controverse. Les défenseurs de cette monnaie rappellent les données empiriques de sa stabilité tandis que ses pourfendeurs exhibent des faits vécus qui consacrent la castration de la volonté des peuples souverains par l’hégémon français. Le panier de la ménagère est convoqué par les deux protagonistes sauf que ce panier est soit vide, soit rempli. Il y a somme toute, un point d’accord qui apaise ce survoltage intellectuel et social. Tous se mettront d’accord, c’est ma conviction, sur la nécessité du remplissement du panier de la ménagère Fatoumata. Avec quoi au juste ? Le remplissement en victuailles ou en billets de banques ? 

La vox populi classe les Africains opposés au Franc CFA comme des progressistes de type sectoriel, dois-je préciser. Ils dénoncent une monnaie qui laisse le panier de la ménagère vide. A quoi sert la stabilité de cette monnaie si elle échoue à donner à boire, à manger, à éduquer et à loger les Africains qui l’ont comme monnaie? L’argent est rare, dit-on à Dakar.  Une rareté en raison du fait que le crédit qui participe de la création monétaire est refusé par les banques commerciales aux créateurs africains de richesses. Du coup, le crédit ne produit plus une injection significative d’actifs circulants dans l’économie afin que les ménages les captent pour impacter positivement la croissance de la demande globale à laquelle sont arrimés les appareils productifs de nos pays. Il s’ensuit que le crédit n’est point mauvais s’il est destiné à  l’appareil productif susceptible d’accroître la compétitivité des entreprises et de nos pays en termes d’infrastructures, portuaires, routières, aéroportuaires, énergétiques, de connectique etc. Pour ce faire, il faut être implacable avec la corruption des élites qui se mettent l’argent public, plein les poches. La critique de ceux qui disent que la BCEAO peine à impulser le progrès social dans la zone UEMOA par exemple, est liée, probablement, à cette panne de souveraineté qui castre la politique monétaire qui n’arrive plus à mettre le focus sur le développement du crédit. L’ironie est que ces progressistes africains la rejettent lors même que les peuples voisins comme les Ghanéens et Guinéens la recherchent comme valeur sûre pour leurs échanges. 

Quant aux dirigeants et leaders d’opinion (bien peu nombreux) qui veulent imposer le bâillon à ce débat public, ils convoquent les risques réels qu’une nouvelle aventure non maîtrisée pourrait créer comme inflation et stagnation économique. De fait, cette fois, la même ménagère Fatoumata va au marché avec son panier rempli de billets de banque pour échouer à s’acheter un kilogramme de viande bovine.  Le franc Zaïre du Maréchal Mobuto et le dollar zimbabwéen du vieux panafricaniste Robert Mugabé nous rappellent la souffrance de nos compatriotes africains de ces régions. Sur ces faits, il y a un autre type de conjectures de source symbolique. Elles portent sur des émotions sédimentées au sein des élites civiles qui la communiquent à la rue. Toutes semblent converger vers la charge symbolique de cette monnaie, de son appellation, de son lieu d’impression, de sa parité fixe mais  aussi  de son taux de dépôt –garantie surtout à la Banque de France.  Quant aux autres comptes d’opérations, la critique semble les avoir oubliés. Sciemment pour nourrir l’endoctrinement des gens et rendre improbable, le débat serein.   

Il y a comme un progressisme sectoriel africain anti français. Ce sentiment est corrosif du partenariat décomplexé que les lucides appellent de toute urgence au nom du panafricanisme de dignité qui est fédérateur. Le panafricanisme dont je me réclame, c’est le partage de l’idée de la dignité africaine imprenable et le refus de la détestation des peuples non africains pour que l’amitié et la solidarité prévalent au nom du progrès social. Ce courant progressiste africain anti CFA en est l’expression sectorielle survoltée. L’activisme anti français qui en dérive est aride comme ventre dans l’exacte mesure où son militantisme ne suffit pas à accréditer la véracité de l’inutilité de la monnaie CFA. Supposons même que cette monnaie est une servitude ancrée, sa desédimentation est une tâche qui appelle de la démarche pédagogique plutôt que l’activisme et l’endoctrinement survoltés.  Puisqu’un tel ancrage dans le subconscient des gens pourrait attester contre ces vertueux antifranc CFA à la moindre difficulté avec la monnaie de souveraineté envisagée. Ce qui en dit long sur le fait de l’hégémon qui a su intoxiquer les peuples et asservi les dirigeants politiques dans la durée. Il existe une meilleure sagesse procédurale. Il faut faire comme si l’efficace même querellé de la monnaie CFA est peut-être le meilleur ressort de son cours accepté. Et alors, on se lancera le défi de n’en sortir que dans et pour la meilleure des situations économiques possibles. Ces conditions opératoires sont-elles réunies ?  

Somme toute, ce militantisme des progressistes africains opposés au franc Cfa est une posture respectable en se faisant revendication radicale d’informations et demande urgente de souveraineté monétaire. Nul ne peut  ainsi ignorer la nécessité de ce débat public au sein de nos Républiques ni même penser qu’en réprimant ses figures emblématiques, on en arriverait à l’étouffer. 

II. Panier vide de victuailles ou plein de billets de banque ?

Les africains pourfendeurs du Franc Cfa ont raison, constatant la vacuité du panier de la ménagère, d’interroger le gain de la stabilité du franc CFA. La monnaie est un instrument souverain de création de la richesse. Les premières richesses de l’Humain, c’est la santé, la nourriture, le logement et l’éducation. Or la Banque centrale depuis Dakar, comme le jargon des économistes le rapporte, ne fait que relever la borne supérieure du taux de prêt marginal, hier de 3.5 à 4.5, aujourd’hui. Le prêt est cher parce que les intérêts sont presqu’usuriers et si les prêts sont accordés, ils le sont dans un temps trop court de remboursement (impossible pour un jeune couple de s’acheter une maison sur 25-30 ans). Les banques commerciales à leur tour ne prêtent point aux champions africains des PME, PMI et Très petites entreprises, aux femmes et aux jeunes. 

Voilà une monnaie tellement stable qu’elle échoue à contenir le risque de prêter avec étalement et au profit des créateurs de richesses et des ménages. Le taux de prêt réel est démentiel parce que toujours de 15% même s’il est passé de 17% à ce celui-là. Une folie puisque les frais obscurs ont remplacé la baisse de ce taux! Faire de la trésorerie et jamais rien d’autre n’est pas un destin de progrès social.  Avec de tels taux directeurs, la BCEAO ne peut augmenter la quantité de monnaie en circulation par le crédit pour stimuler la consommation des ménages, ni les investissements productifs des entreprises. Il y a donc une vertu que la souveraineté monétaire confère aux dirigeants politiques avisés pour changer la donne. Puisque normalement la stabilité construit et conforte la confiance des ménages qui, à son tour, contamine la banque centrale et les banques commerciales qui ouvrent les vannes de la liquidité pour que la consommation des biens de toutes sortes se porte comme un charme, c’est la visée optimale et surtout, c’est l’argument des souverainistes africains. Il est acquis que l’on ne peut développer un vrai portefeuille prêt des PME et autres au service du financement de la transformation industrielle de nos pays avec des taux officiels aussi exorbitants et les frais obscurs (corruption du banquier). L’anesthésie de l’activité économique est n’est point une visée. 

La critique des progressistes antiFranc CFA porte dans la mesure où la pensée peut très bien voir le lien entre le maintien de cette sécheresse du financement de l’économie réelle (rareté, cherté et courte échéance du crédit) qui sanctuarise voire gèle ainsi, insidieusement, l’industrialisation africaine. La laisser en l’état embryonnaire serait le suprême enjeu du pouvoir hégémonique impérial et ordonnateur depuis le centre (le professeur Samir Amin l’a toujours enseigné) pour que la périphérie sous développée, reste et demeure le lieu propre du déversement depuis l’étage supérieur du centre industriel vers le bas étage arrimé structurellement, comme le Prof. Ki-Zerbo l’a lui aussi thématisé éloquemment. Sortir de cette structuration hégémonique indéfendable est donc un devoir. A la limite, les activistes vont à la conquête de ce droit opposable aux adeptes du statu quo. Ainsi, le débat sur les données techniques de cette controverse est raisonnablement clos. Le continuer est sans objet. La décision politique est la nécessité du moment.  

Mais sortir du franc CFA dans la poussière des spéculations, postures et impostures intellectuelles sans en maîtriser les risques est une menace pire sur nos vies et nos droits en cas de débâcle économique. Y aller avec la prudence est alors une sagesse indépassable. Les pouvoirs publics doivent donc avec sagesse, désamorcer ces conjectures, écueils et fantasmes mais aussi et surtout travailler à engager un train de réformes qui recueille le large consensus populaire. 

La résilience et la stabilité du franc CFA indiquent que le contrôle démocratique semble encore largement en faveur de cette monnaie. Seul le peuple souverain répond de sa monnaie. La démocratie électorale représentative ne confère ce pouvoir ni aux gérants banquiers, ni aux garants politiques de l’instrument de création de la richesse (BCEAO). 

La doctrine que l’Allemagne a su imposer à la Banque Centrale Européenne, comme gestion totalement indépendante, est de plus en plus décriée. Elle l’est puisque cela relève d’une forme d’administration impériale d’essence néolibérale de dessaisissement de la volonté souveraine des Etats au profit d’une normalisation imposée par le centre impérial  à toutes les autres vassalités (pays) proches du centre jusqu’à la périphérie docile. Il s’ensuit que la règle démocratique doit consister à aller au référendum pour que le peuple africain tranche définitivement cette controverse exactement comme le peuple le fit avec le référendum de 1958 pour lequel, le Président Ahmed Sékou Touré appela à voter NON. Ce moment est similaire. Et le peuple souverain assumera les conséquences de son choix comme les Guinéens l’ont fait face à De Gaule. 

Il sied donc de se poser les bonnes questions non pas celles de nature technique mais assurément celles de volonté politique et ultimement de souveraineté africaine.  Je pense que les banquiers centraux, ces techniciens chevronnés sont donc interpellés d’autant plus que le plus emblématique des gouverneurs de la BCEAO, le Gouverneur Abdoulaye Fadiga est l’un des pères du panafricanisme de dignité. Il a su mettre ses compétences techniques et son expertise au service de son engagement émancipatoire africain. Le transfert réussi du siège de Paris à Dakar suivi de sa politique hardie de formation qualifiante et d’africanisation des cadres, attestent que le Gouverneur Fadiga a été un grand africain. 

Que doit faire l’un de ses successeurs pour être lui aussi un digne héritier du grand banquier engagé ? Cette question est ainsi celle du banquier central non pas seulement qui doit être à la place qu’il faut mais surtout de son engagement panafricaniste. Cette question est celle de la quête de ce profil. Une compétence panafricaniste engagée sur des choix souverains de la décision politique, assurant et administrant de la compétence technique qui maintienne voire améliore la stabilité de la monnaie.    En attendant ce grand africain de l’émancipation souveraine, je voudrais vous confier mes remarques et mon espoir d’un nouveau départ consolidé.  

Vu que l’intégration politique  et monétaire traînent dans l’espace CEDEAO, il sied de jouer prudent sur le CFA en, simplement, veillant à se rendre maître de tous les comptes d’opération (32 au total) et à engager une réflexion sur l’injection souveraine d’une partie de ses fonds, ponctuellement, dans la relance économique. 

1. L’on pourrait ramener tous ces comptes à 4 ouverts à: Banque centrale japonaise, Fed, la Banque d’infrastructures de Shanghai (concurrente du FMI) et BCE. Couper le lien obsédé par le tropisme françafricain. Ce lien intime entre UEMOA et la France est une source pérenne de suspicion légitime. Ce partenariat ne consacre pas une union monétaire. Il s’ensuit que les Italiens et les Allemands qui sous-traitent opportunément cette conjecture de 400 milliards d’euros volés aux Africains, devraient être moins écoutés en tant que première et troisième puissance économique européenne, s’ils n’obtiennent pas de la Banque de France sa dénonciation de ce lien, prise en sandwich.  Même si l’histoire enseigne que la lutte pour l’Emancipation africaine a rarement commencé véritablement en Afrique même, il faut être prudent. Le FCFA est daté de 1945. Sa vieillesse et sa parité fixe, vu les conjectures, milite en sa faveur. La monnaie CFA se serait effondrée n’eût été cette stabilité. Mais la stabilité doit servir à donner à manger aux Africains, les soigner et les éduquer sinon elle ne rimerait qu’à générer de la stagnation séculaire. 

2. La Task Force pour la création de la nouvelle monnaie ouest-africaine est au travail. Mais l’évolution depuis 2005 de l’obligation de déposer 65% des réserves de change à la Banque de France contre 35% du compte d’opération de gestion libre, pour 50-50, administre la preuve que le statu quo est levé à ce niveau. Il faut maintenant inverser 35% d’obligation de dépôt sur les 4 comptes majeurs de dépôt, panier de monnaies,  et 65% au service du financement de l’économie réelle (majoritairement informelle en dotant les banques de solidarité et une création d’une banque d’investissement des infrastructures). 

3. Bien sûr que l’impression de la monnaie à Chamalières est une option de sécurité par rapport à celle de son impression à Kaduna ou à Kougny. Il est évident que la dénomination de la monnaie doit changer. Et cette disjonction préférentielle d’avec la Banque de France pour un pôle de banques centrales est nécessaire et imposerait d’office, une fluctuation des taux. En conséquence, les enjeux de décrochage par rapport à l’euro au profit d’un panier de devises s’imposent.  Il s’agit de thématiques à engager tant avec les anciens gouverneurs, vices gouverneurs, les universitaires et les sociétés civiles africaines. Renforcer la stabilité monétaire d’une part et conserver la convertibilité d’autre part, ces deux éléments ne sont pas négociables puisqu’ils confèrent solidairement aux Etats de l’UEMOA, le pouvoir d’achat international aux Etats, entreprises et ménages.

Comment, techniquement, repenser la parité fixe vs stabilité financière comme frein et/ou accélérateur de la compétitivité des entreprises africaines ? Des économies faibles et non compétitives vs monnaie forte (arrimée à l’Euro)!

Somme toute, la bonne question politique et de souveraineté reste. Est-il raisonnable de penser que si le Gouverneur Lamine Fadiga, le plus grand d’entre tous, ce patriote et panafricaniste, vivait, aurait-il ou se serait-il arrêté à la simple africanisation des cadres, le transfert du siège, menés courageusement ? Bien sûr que non. L’audace engagée aime les trophées ! Le CFA a besoin d’un Gouverneur de caractère trempé pour étreindre ce hic. 

III. Si Rester est une absurdité, Sortir est une menace !

Le tout premier gouverneur de la BCEAO, le Gouverneur Lamine Fadiga était un panafricaniste, un authentique produit de la FEANF. Un banquier engagé, fermement, sur les chemins d’émancipation du peuple africain. Je me désole de constater que les pourfendeurs de la monnaie CFA ignore ce passé militant et sacerdotal du Gouverneur Lamine Fadiga en faveur de la cause africaine. Puisque ce passé est une mémoire qui engage les panafricanistes, d’anticiper, d’imaginer les contours de l’initiative audacieuse qu’il aurait engagée pour sortir de l’impasse actuelle. Qu’aurait fait ce panafricaniste responsable et sage, proche (dans ses idées (seulement) du Président Thomas Sankara ? Le Président Thomas Sankara a observé une sagesse procédurale digne de respect. Il ne s’est retiré d’aucune des institutions gérées, ensemble et solidairement, par les Africains quoiqu’il les critiquait en vue de l’amélioration de leur gouvernance. Une pondération pragmatique essentielle !  Le Franc CFA réussit à être stable parce qu’il est le fruit de notre solidarité. Est vrai ce qui réussit, c’est le mantra du pragmatisme. Or, la stabilité d’une monnaie témoigne de la confiance en elle placée par les populations et les créateurs de richesses. Le Mali a ainsi rejoint la monnaie CFA en 1984. Dire qu’il s’agit d’une monnaie pour ‘’esclavagistes français’’ comme l’économiste ivoirien Mamadou Koulibaly le prétend, est un peu excessif. Les avantages sont partagés par les créateurs tant français qu’africains et cela relève d’une évidence apodictique. Peut-être que les mastodontes français en profitent plus que les très petites entreprises africaines. Mais tout esprit libéral sait que le partage des avantages dans le capitalisme est proportionnel à la taille des compétiteurs en présence. Que les Champions africains se regroupent. Qu’ils se donnent des instruments non seulement performants mais surtout de solidarité au service du financement des créateurs de richesses. Le Québec a réussi cet exploit avec la création et l’esprit de la Caisse populaire Desjardins pour se rendre compétitif, acquérir du pouvoir économique longtemps détenu par les Canadiens anglais. 

Je termine sur la nécessité du moment qui est que le tropisme françafricain doit cesser. La solidarité entre les champions africains dans un premier moment est le meilleur chemin qui y mène. Alors il sera aisé de dépasser la contrariété mécanique qui classe les uns dans la catégorie des souverainistes africains versus celle des Africains françafricains. Sûrement en raison même de la nécessité de la sérénité contre l’agitation de la rue.  Pour étancher la soif d’informations des populations africaines et des partenaires africains pour l’émancipation souveraine, il faut laisser les sages se saisir de l’arbitrage du débat public.  Les sages parviendront vite à déterminer une période de transition assez longue pour maintenir voire améliorer et consolider les acquis jusqu’à la déconnection complète d’avec l’Euro dans l’hypothèse où la monnaie commune des 15 pays de la CEDEAO piétine.  La prudence prescrite par les sages s’impose vu qu’on n’est pas à l’abri des bulles inflationnistes si l’on suivait les Africains antiCFA pressés parce que mobilisés.   Il est tout aussi acquis que  les politiques ont échoué dans l’anticipation des réformes nécessaires. Il faut réfléchir avec sérénité et détermination et proposer une alternative crédible parce que conforme aux exigences de l’émancipation monétaire et de la fin de l’extraversion économique au profit de la compétitivité des pme, pmi et TPE africaines.   

Voilà la seule question qui indique, tacitement, que le statu quo actuel sur ces questions prioritaires d’apaisement des peurs, de déconstruction des polémiques inutiles, de réformes hardies ; ce silence obséquieux des décideurs, est intenable.


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