Biographie Actualités Galerie Photo Vidéo Publications Ecrire au président

ACTUALITES

Menaces contre les artistes Yodé et Siro

Société
juil. 6, 2020 Yodé-et-Siro-1.jpg

Le visage hideux du RHDP

Depuis ce samedi, date de sortie du tout nouvel album musical du duo Yodé et Siro, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix, est dans tous ses états. Le parti au pouvoir a presque décrété la fatwa contre les deux artistes.

C’est ça le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix ! Alors qu’ils se réclament de l’Houphouëtisme, doctrine inspirée du Premier Président ivoirien, Félix Houphouët-Boigny, adepte du dialogue, du pardon et de la paix, les cadres du Parti présidentiel sont pourtant loin de traduire en acte la philosophie du ‘’Bélier de Yamoussoukro’’. « Ils sont méchants, intolérants. Ils se prennent pour des demi-dieux », pense l’étudiant JB Kouadio. Ce jeune homme n’a pas totalement tort, si on se réfère à l’avalanche de critiques négatives formulées par les militants et surtout par des cadres du parti du Président Alassane Ouattara contre le duo d’artistes Yodé et Siro. Après presque dix ans de silence, ces artistes viennent de mettre sur le marché leur dernier album musical intitulé Héritage. Comme à ses habitudes, ce duo a dépeint dans cet opus la situation que la vit la Côte d’Ivoire, quasiment depuis le règne du régime Ouattara. Ainsi, tout en saluant les réalisations d’infrastructures socio-économique, notamment à Abidjan, ces artistes n’ont pas manqué de dénoncer la grande paupérisation qui étrangle le peuple. Ils ont aussi entre autres tourné en dérision les actes de mauvaise gestion qui entachent la gouvernance de l’ancien Directeur Général Adjoint du Fonds Monétaire Internationale à la tête de la Côte d’Ivoire. Il n’en fallait pas plus pour que les thuriféraires du RHDP sortent des bois, pour traiter ces artistes de tous les noms. « Je l'ai déjà dit, Yodé et Soro sont simplement deux artistes tribaux qui s'inscrivent dans une dynamique de propagande militante et qui ne font que relayer et amplifier les stéréotypes tribaux et positions politiques de leur camp... Ce ne sont pas des chanteurs engagés pour défendre les intérêts du peuple, mais ils sont engagés pour défendre leur camp politique qui comme par hasard, se confond avec leur camp ethnique », a réagi le nommé Doumbia Major, ancien syndicaliste dans le milieu étudiant, web-activiste chargé de soigner l’image du pouvoir en place sur les réseaux sociaux. Au passage, il estime que le procureur devrait ouvrir une enquête à l’encontre du duo qui crève l’écran depuis la sortie de son nouvel opus. « Pourquoi ont-ils attendu de sortir leur album à quatre mois de l’élection présidentielle ? Je suis convaincu d’une chose, il y a un objectif murement réfléchi derrière cette sortie », ajoute un autre partisan d’Alassane Ouattara. Proche du parti présidentiel, une élue s’est elle aussi persuadée, en aparté, que cet album « pue la haine, la xénophobie et le tribalisme. Même si on me l’offrait gratuitement, je ne le prendrai pas. Je vois la main de nos adversaires dans cette œuvre et, je pense qu’il urge que nous apportions la réplique nécessaire à ces gens-là ». Et pourtant, le RHDP n’est pas à son premier faux procès à l’endroit d’artistes ivoiriens. En mars 2018, après qu’il ait pris position contre une éventuelle troisième candidature du Président Alassane Ouattara, un journal financé en sous-main par l’actuel président de l’Assemblée Nationale a chargé la reggae-star ivoirienne Tiken Jah en ces termes : « Cet homme est maudit… et doit fermer sa gueule ». Une dérive qui fait dire aujourd’hui à Etienne Kouamé, activiste des droits de l’homme que « le chef de l’Etat lui-même doit se sentir interpellé par toutes ces situations créées par les gens de son camp et qui n’honorent pas la démocratie. Le Président Alassane Ouattara é étudié puis a travaillé aux Etats-Unis. Il devrait donc savoir combien la liberté de penser est un droit fondamentale que personne ne devrait entraver ». Un avis que partage Koré Athanase, partisan de l’ancien Président Laurent Gbagbo. « Après avoir tenté de réduire l’opposition au silence, c’est maintenant au tour des artistes d’être dans le viseur du pouvoir en place. Depuis dix ans, ce pays ne fait que reculer. Tous les acquis démocratiques sont en train d’être piétinés par ce régime liberticide de M. Ouattara. C’est vraiment dommage. Mais, nous sommes obligés de rester debout pour faire échec à la mise à mort de notre démocratie, parce que trop, c’est trop», soutient l’enseignant à la retraite.

Drissa Ouattara


AUTRES ARTICLES




gks

Copyright 2019 - Guillaumesoro.ci