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Le paradoxe du prix de la CNI avec l’année du social annoncée par le gouvernement

Société
mai 9, 2019 CNI-1.jpg

Quand il est pris en considération tout ce que les problèmes identitaires ont créé comme crises en Côte d’Ivoire, une carte nationale d’identité (CNI) représente plus que la prunelle de nos yeux. La majorité des CNI arrivant à échéance en ce milieu d’année 2019, les Ivoiriens sont de plus en plus inquiets. Heureusement, la fumée blanche est sortie du palais présidentiel ce mercredi 8 mai 2019. L’opération de renouvellement sera lancée bientôt et le porte-parole du gouvernement rassure, « tous les Ivoiriens auront leurs cartes avant la fin de l’année 2019 ». Le ouf de soulagement. Seulement, « le coût de la carte nationale d’identité sera autour de 5000 francs » avance toujours le ministre. Et c’est là que le bât blesse. Quelle est l’urgence budgétaire qui sera comblée par ces frais alors qu’il est insisté sur les performances économiques presque magiques du gouvernement, comparées à la période de crise (2009) où l’opération était financée gratuitement par l’Etat de Côte d’ivoire pour permettre à tous les Ivoiriens d’avoir le sacré graal.

 

Alassane Ouattara doit faire obstacle

Il faut frapper la ressouvenance du Président de la République et de tous les Ivoiriens par un fait. Le premier citoyen du pays était lui-même dans un méli-mélo identitaire injuste dont lui et plusieurs catégories d’Ivoiriens ont souffert durant de longues années. Décanter ce nœud gordien n’aura pas été une simple affaire en référence aux crises que nous avons connues. Alassane Ouattara doit être celui qui s’inscrit en faux contre une telle décision prise en conseil des ministres car il n’est pas sans ignorer que 5000 francs peuvent constituer un frein au processus de renouvellement des CNI, surtout dans les zones rurales où les populations sont en proie à une misère saisissante. Là-bas certainement, n’en comprenant pas forcément l’utilité, elles vont préférer opter pour un sac de fonio à la place. Aussi, le chômage visiblement galopant avec la délinquance juvénile fulgurante, comment espérer identifier toute cette population qui vivote à peine ? Disons-le tout net, ces cartes doivent être gratuites et le parallèle pris avec le Sénégal où elles seraient à 14.000 francs n’est pas vérifié. Sidi Tiémoko Touré se trompe ! En effet, sur le site du service public du gouvernement sénégalais, il est indiqué que « tout citoyen sénégalais, âgé d’au moins 5 ans peut demander l’établissement d’une carte d’identité. Elle est obligatoire à partir de 15 ans ». Et, il n’y a qu’un timbre fiscal de 1000 francs à payer. (servicepublic.gouv.sn/index.php/demarche_administrative/demarche/1/425)

 

Obstacle électoral pour les nouveaux majeurs et les populations des zones rurales ?

Le paradoxe de l’année du social annoncée par le gouvernement ivoirien, ses « performances économiques parmi les meilleurs au monde » révèlent d’une ambivalence quant aux 5000 francs exigés pour la CNI. Une véritable incompréhension qui n’est pas faite pour renforcer la confiance avec les populations. Nous nous demandons donc, si le parti au pouvoir, le RHDP n’a pas pesé sur la décision gouvernementale parce que se sentant en minorité chez les jeunes et en zone rurale relativement à l’élection présidentielle de 2020. On s’imagine bien que les cadres de ce parti, sommés par la hiérarchie, se mettront en campagne sur le terrain pour assurer les frais du sésame moyennant une garantie de vote en retour. C’est possible sinon comment l’expliquer ?

Il faut pour une bonne fois que ce processus inhérent à la citoyenneté soit débarrassé du moindre doute, de quelque nature. Le débat autour de ce sujet doit être de prime abord d’intérêt national et non à calculs électoralistes. Et, c’est logique, personne ne comprendrait que ce qui avait été gratuit sous économie de crise, coûte au citoyen sous une économie flamboyante.

KD


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